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- ↑ Erwann Garrec, L'Annulation de la dette des pays sous-développés, l'auteur, (lire en ligne)
- ↑ David Lawson, Le Club de Paris: sortir de l'engrenage de la dette, Harmattan, (ISBN 978-2-7475-7125-8, lire en ligne)
- ↑ Bernard Jurion, Finances publiques, finances privées, Editions de l'ULG, (ISBN 978-2-930322-01-8, lire en ligne)
- ↑ François Doux et Jacques de Larosière, La dette, Hatier référence & pratique, (ISBN 978-2-218-97725-1, lire en ligne)
- ↑ Jean-François Lefebvre, Le jubilé biblique: Lv 25, exégèse et théologie, Saint-Paul, (ISBN 978-3-525-53051-1, lire en ligne)
- ↑ Évangile selon Saint Mathieu 18, version Louis Segond 1910
- ↑ (en) Wim Decock, « Poor and insolvent: Debtor relief in Alvarez de Velasco's De privilegiis pauperum (1630) », dans V. Mäkinen et al. (dir.), Rights at the margins. Historical, Legal and Philosophical Perspectives, Brill, , p. 63-84
- ↑ (en) Wim Decock, « Law, Religion and Debt Relief: Balancing above the 'Abyss of Despair' in Early Modern Canon Law and Theology », American Journal of Legal History, vol. 57, no 2, , p. 125-141 (lire en ligne
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- ↑ À propos des dettes annulées des chrétiens envers les juifs, on se reportera à l'ouvrage Les Juifs, le monde et l’argent de Jacques Attali
- ↑ Edwige Michaud, « Les États, la Banque mondiale et le fmi face aux « stratégies de réduction de la pauvreté » », dans Mutations de l'État et protection des droits de l'homme, Presses universitaires de Paris Nanterre, (lire en ligne), p. 237–250
- « Ils ont annulé leur dette », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Annuler de la dette pour protéger les îles Galapagos », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Sandrine Cassini, « Jean-Luc Mélenchon au centre des débats et des critiques avec sa proposition d’annuler une partie de la dette de la France », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Annuler une partie de la dette française est "une proposition fantaisiste", estime le prix Nobel d'économie Jean Tirole », sur France Inter, (consulté le )
- ↑ « "L'annulation de la dette, c'est l'équivalent de l'hydroxychloroquine vantée par le Pr Raoult comme traitement miracle du Covid": le prix Nobel d'économie Philippe Aghion affirme que l'absence d'un "budget crédible" mènerait à la "catastrophe" », sur BFM BUSINESS, (consulté le )
- ↑ « Il n’y a pas d’urgence à rembourser la dette mais il faudra le faire, estime Esther Duflo », Ouest France, (lire en ligne)
- ↑ « Le "Nobel" d'économie est-il un "soi-disant" prix Nobel, comme le juge Jean-Luc Mélenchon ? », sur franceinfo, (consulté le )
- Bernard Marx, « Faut-il annuler la dette ? Les économistes en débattent », sur Regards, (consulté le )
- ↑ « Dette publique : peut-on "foutre au feu" une partie de l'emprunt français, comme le propose Jean-Luc Mélenchon ? », sur franceinfo, (consulté le )
- ↑ (en) William Horobin, « Lagarde Says French Far-Left Debt Plan ‘Financially Dangerous’ », Bloomberg, (lire en ligne)
- ↑ « Effacement de la dette : une idée « illégale, dangereuse et inutile », estime Emmanuel Moulin, le gouverneur de la Banque de France », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Eric Albert, « Une idée « interdite par les traités européens » : le président de la Bundesbank s’oppose à l’annulation de la dette proposée par Jean-Luc Mélenchon », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Benjamin Pierret, « "Le banquier central français ment" : Mélenchon et Bompard répondent au gouverneur de la Banque de France sur l'annulation d'une partie de la dette publique », sur RTL.fr, (consulté le )
- ↑ « Que faire de la dette ? », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
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SARRERA DESBERDINA:
Annulation de la dette
Cet article est une ébauche concernant la politique.
L’annulation de la dette est la suppression unilatérale ou concertée d'une partie ou de la totalité d'une dette publique ou d'une dette privée. Les pays qui se sont trouvés dans l'impossibilité de rembourser leur dette publique au cours de l'Histoire ont parfois eu recours à l'annulation de leur dette. La prégnance des enjeux liés à la tenue des finances publiques aux XXe et XXIe siècles a conduit à la mise en place de mécanismes de négociation et de rééchelonnement de la dette publique.
Une dette est contractée par un individu, une institution ou un État en vue d'effectuer des paiements (de consommation, d'investissement) que l'entité n'aurait pas pu réaliser sans l'apport supplémentaire de monnaie. Des pays dont les finances publiques ne sont pas à l'équilibre budgétaire doivent ainsi lever des fonds, auprès de sa population ou auprès d'institutions financières, afin de financer son déficit public.
Toutefois, un emprunteur peut se trouver dans l'impossibilité matérielle de rembourser sa dette. Ce phénomène s'est notamment produit, au XXe siècle, dans le cas de la dette du tiers-monde, c'est-à-dire de l'ensemble des engagements financiers des pays (surtout d'Amérique latine) qui ne disposaient pas des fonds nécessaires pour rembourser leurs prêts[1]. Des clubs de coordination de créanciers, comme le Club de Paris, ont ainsi été créés pour aider à la restructuration des dettes, à leur rééchelonnement, etc.[2]
Toutefois, un État qui ne peut ou ne veut bénéficier de tels dispositifs peut décider d'une annulation de dette, c'est-à-dire de ne pas rembourser la dette qu'il doit aux créditeurs. La puissance publique étant souveraine, nul ne peut le contraindre légalement à rembourser des emprunts qui ont été contractés.
Le statut des particuliers vis-à-vis de leur endettement diffère selon les pays. Les États-Unis disposent d'un régime particulièrement favorable aux débiteurs. Cela est moins souvent le cas en Europe[3].
Les annulations de dettes semblent être aussi vieilles que la dette elle-même. Ainsi, des textes antiques comme la Torah ou la Bible, en plus de condamner les prêts à intérêt, relatent certains récits d'annulations de dettes[4],[5]. L'Évangile selon Matthieu contient un épisode où un maître remet sa dette à son serviteur, ancrant la compassion chrétienne dans le champ économique[6].
Le phénomène est également connu durant le Moyen Âge. Les rois chrétiens prennent régulièrement des édits visant à annuler les dettes des chrétiens envers les juifs sous la pression de l'Église. En France, une ordonnance de 1234 remet aux débiteurs chrétiens le tiers de leur dette auprès des juifs qui ne pourront les faire saisir en cas de non-paiement. Plus tard, en avril 1240, le duc de Bretagne Jean Ier décide d’annuler toutes les dettes contractées par les chrétiens envers les juifs. Ces épisodes marquent le début des défauts souverains de la France. Des épisodes similaires ont lieu en Angleterre. En 1290, par exemple, Édouard Ier publie l'édit « d'expulsion des juifs », et de ce fait efface une partie des créances de la couronne envers ses créanciers juifs.
Dans l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles, face à la situation économique critique, la question de remise de dette est longuement discutée par les juristes et théologiens de l'École de Salamanque, tels qu'Alvarez de Velasco[7]. S'ils considèrent qu'en raison de la force obligatoire du contrat, la remise de dette (remissio debiti) ne peut qu'être rarement obtenue, un diffèrement du payement (dilatio debiti) est par contre tout à fait possible en cas d'extrême nécessité ou de risque de dommages importants[8].
Ces diverses décisions d'abandon de dettes vis-à-vis des juifs perdureront jusqu'au XIXe siècle et toucheront tous les pays d'Europe. Ainsi, sous Napoléon, en 1802, le Conseil d’État proclame l’abandon des dettes aux juifs pendant un an, et plus tard, le « décret infâme » de 1808 suspend pour 10 ans les dettes envers les juifs en Alsace[9]. Dans le courant du XIXe siècle, en Russie, en Pologne et en Ukraine, les pogroms permettront d'effacer une partie des dettes de la population par le massacre de leurs créanciers juifs.
Le XXe siècle voit l'émergence de mouvements de protestations populaires vis-à-vis de l'endettement des pays, en faveur de leur annulation. L'annulation de la dette pour des pays du tiers-monde endettés et sous développés a été un sujet majeur dans les années 1999 et fut l'objet d'une large campagne soutenue par des organisations non-gouvernementales, des associations comme le CADTM (Comité pour l'abolition des dettes illégitimes), et des organisations chrétiennes lors du jubilé en 2000. Les programmes de l'initiative pays pauvres très endettés sont semblables aux prêts accordés par le FMI et la Banque mondiale, et imposent des programmes d'ajustement structurel, qui incluent parfois la privatisation de secteurs publics. Pour qu'un pays bénéficie de l'annulation définitive de sa dette, il doit aussi mettre en place une stabilité macroéconomique ainsi qu'un Plan de Réduction de la Pauvreté pendant au moins un an.
L'annulation de la dette signifie, pour le créancier, la perte pure et simple de l'argent prêté, et donc une baisse de la confiance de la banque ou de l'institution prêteuse vis-à-vis de celui qui a failli au remboursement.
L'annulation de la dette trahit la confiance des prêteurs vis-à-vis de l’État qui annule ses créances. La monétisation de la dette, elle, est par nature inflationniste[10].
L'annulation de la dette peut pousser les États semblables à celui ayant reçu l'exonération à augmenter leurs créances, se sachant possiblement couverts à l'avenir.
Les cas d'annulation de dettes publiques jalonnent l'histoire[11].
En 1865, aux États-Unis, Abraham Lincoln déclare la dette États confédérés d'Amérique nulle. En 1883, c'est au tour du Mexique. Par une loi sur le règlement de la dette nationale, le gouvernement répudie les dettes contractées de 1857 à 1860 et de 1863 à 1867[11].
De 1902 à 1903, le Venezuela procède à l'annulation de sa dette. À la suite du refus de Caracas de rembourser sa dette, les flottes britannique, allemande et italienne imposent un blocus naval au pays. En 1907, la convention Drago-Porter interdit le recours à la force pour le recouvrement de créances[11].
En 1917, Vladimir Lénine et son gouvernement bolchévik, issu du coup d'État d'octobre, annule les dettes de la Russie garanties par le régime tsariste[11].
En 1919, la Pologne bénéficie d'une annulation de dette publique grâce au traité de Versailles, qui annule la dette qui lui était réclamée par l’Allemagne et la Prusse[11].
En 1922, le Costa Rica procède à une annulation de dette. San José dénonce les contrats passés de 1917 à 1919 par le général putschiste Federico Tinoco. La Cour suprême américaine, qui arbitre l’affaire opposant le Costa Rica à la Grande-Bretagne, juge les contrats invalides puisque réalisés au détriment de la population[11].
En 1926, le gouvernement de Benito Mussolini annule les dettes de l'État italien, qu'il met en scène par un autodafé sur le forum[11].
En 1953, l'Allemagne obtient un accord sur ses dettes, dit accord de Londres. Il efface les deux tiers de la dette allemande liée aux réparations de guerre entre autres[11].
En 1991, la Pologne bénéficie à nouveau d'une annulation de dette dès l’arrivée au pouvoir de Lech Walesa, en 1990. Les créanciers du pays lui accordent une réduction de 50 % de sa dette[11].
L'Égypte bénéficie du souci de ses créanciers d’obtenir le soutien du Caire lors de la première guerre du Golfe pour obtenir une réduction de moitié sa dette[11].
En 2023, les créanciers privés de l'Équateur consentent à annuler 3% de la dette extérieure totale du pays en échange d'un investissement de 450 millions de dollars dans la préservation de la zone naturelle des Îles Galápagos[12].
Dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle française de 2027, le candidat d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon et son parti La France Insoumise (LFI) proposent de geler la dette publique française aux bilans de la Banque de France et de la Banque Centrale Européenne (BCE). Cette proposition est sujette à controverse et fait l'objet de nombreuses critiques[13].
Selon Jean-Tirole, Prix Nobel d'économie, la proposition de Jean-Luc Mélenchon est une idée « fantaisiste » qui risquerait de créer un mouvement de panique sur les marchés financiers, notamment parmi les prêteurs à la France, et effreindrait les règlements européens ce qui contraindrait la France à sortir de la zone euro[14]. Selon Philippe Aghion, Prix Nobel d'économie, bien que la proposition des Insoumis soit techniquement possible, effacer 20% de la dette française détenue par la Banque centrale européenne ferait fuir les acheteurs de dette française, ce qui conduirait l'Etat français à la faillite et à l'éclatement de la zone euro[15]. Dès 2021, Esther Duflo, Prix Nobel d'économie, s'était aussi déclarée opposée à l’annulation de la dette française détenue par la Banque centrale européenne au motif qu'une telle mesure ferait paniquer les investisseurs et flamber les taux d'intérêt français et européens[16].
Jean-Luc Mélenchon réfute la légitimité des critiques de Tirole et d'Aghion en affirmant que le Prix Nobel d'économie n'est pas un véritable Prix Nobel[17].
D'un point de vue technique, comme l'explique Olivier Blanchard, professeur émérite d'économie au MIT et ancien chef économiste du FMI, annuler la dette publique française détenue par la banque centrale n'aurait aucun impact sur les revenus nets de l’État : « Imaginons tout d’abord que la Banque de France détienne des obligations du Trésor et décide d’annuler cette dette et les intérêts qui y sont afférents. Cela aboutit à une diminution des profits de la Banque de France, qui ne touche plus les intérêts sur la dette, et donc à une diminution des transferts de la Banque de France au Trésor. Cette diminution des transferts correspond exactement à la diminution initiale des intérêts payés par le Trésor à la Banque de France. Par conséquent, du point de vue des revenus nets de l’État, c’est zéro ! C’est une simple question d’arithmétique. C’est un peu plus compliqué dans le cas de la BCE. En effet, si elle décidait d’annuler la dette française et que cela diminuait ses profits globaux, l’Allemagne et d’autres pays en feraient partiellement les frais. Cela étant politiquement impossible, la BCE serait contrainte de diminuer la dette de tous les pays dans les mêmes proportions et on en revient alors au même argument que j’ai avancé précédemment. Effet nul. »[18]
Les principaux banquiers centraux européens critiquent et rejettent fermement la proposition de Jean-Luc Mélenchon[19]. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, juge que l'idée de Jean-Luc Mélenchon ne fait aucun sens et serait « financièrement dangereuse »[20]. Pour le Gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, annuler la dette publique française détenue par la banque centrale est une idée « illégale, dangereuse et inutile »[21]. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, recadre Mélenchon et affirme que son idée est tout simplement « interdite par les traités européens »[22].
Jean-Luc Mélenchon et le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, accusent Emmanuel Moulin et les banquiers centraux de mentir sur le contenu des traités européens[23].
Aux universités d'été de la France Insoumise (Amfis) en aout 2026, le banquier d'affaires et propriétaire de médias engagés à gauche, Matthieu Pigasse, soutient la proposition de Jean-Luc Mélenchon et juge souhaitable d’effacer les quelque 700 milliards d’euros détenus par la BCE[24].
Pour Jacques Attali, ancien conseiller spécial du Président socialiste François Mitterrand, annuler la dette de la France détenue par la banque centrale est « une idée débile » qui ne serait qu'un moyen détourné de faire sortir la France de l'Union européenne : « L’annulation unilatérale de la dette publique française est l’autre nom du Frexit. »[18]





